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Chasse à l'arc : Historique et présentation

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Chasse à l'arc : Historique et présentation

Message par Chris. le Mer 18 Fév 2009 - 12:46

La chasse à l’arc est une chasse ancestrale, qui remonte à la préhistoire (on pense environ 25 000 ans). Elle a été pratiquée à toutes les époques et dans un grand nombre de pays jusqu’à l’apparition des armes à feu. On peut dire que l’arc est la première arme de tir utilisée pour la chasse.
Son usage renaît aux États-Unis à la fin de la guerre de sécession, les sudistes battus n’ayant pas le droit de posséder des armes a feu. Ils réutilisent donc l’arc pour chasser. Dès lors, la chasse à l’arc y connaît un engouement croissant. Il y a actuellement 3,5 millions de pratiquants aux Etats-Unis.
En France, longtemps interdite car assimilée bien à tort à du braconnage, la chasse à l’arc a (re)gagné depuis 1995, année de sa reconnaissance, ses lettres de noblesse. Cette chasse à tir est silencieuse ; particulièrement difficile, elle demande une connaissance parfaite du milieu et des animaux.
Il y a aujourd’hui 12 000 chasseurs à l’arc dans l’hexagone, et le nombre d’adeptes croit régulièrement au fil des années. C’est un mode de chasse en plein essor.
Pour chasser à l’arc en France il faut posséder le permis de chasser et suivre une journée de formation (JFO) spécifique à ce mode de chasse.

POURQUOI CHASSER A L’ARC

La chasse à l'arc est un phénomène récent et en pleine expansion en France ; il concerne des milliers de chasseurs, dont beaucoup parmi les nouveaux permis de chasser. Ce mode de chasse s'inscrit pleinement dans les règles modernes de gestion de la faune sauvage ; il se caractérise essentiellement par sa dimension culturelle. En effet, chasser à l'arc nécessite une immersion active dans la nature et le sauvage, où le chasseur retrouve et aiguise les sens qui unissent l'homme à son environnement. C'est une découverte de la nature comme de soi-même, au travers de l'émotion que provoque l'acte de chasse. C'est une expérience éducative intense au cours de laquelle le chasseur puise aux valeurs du sauvage comme le goût de la vie, de l'effort, la vigilance, l'adaptation, le rapport au temps, à la mort, en même temps qu'il renforce celles du civilisé comme le respect, la maîtrise de ses pulsions, le partage notamment au travers de l'éthique.
Avec l'arc, la bredouille est normale, le tableau exceptionnel : les prélèvements modestes sur la faune sauvage en font une chasse durable par excellence. Acte primitif qui rapproche l'homme de la nature, la chasse à l'arc surgit dans un monde hautement technologique ; en cela, elle constitue un phénomène de résilience aux dérives du tout technologique.
La chasse à l’arc séduit deux types de publics : ceux qui ont beaucoup chassé et qui cherchent des difficultés et des sensations nouvelles, et ceux qui ne sont pas attirés par la chasse au fusil.
On peut chasser tous les types de gibiers, de l’alouette à l’éléphant. Il y faut simplement un arc et des flèches adaptés.
Ses qualités de discrétion et de sélectivité en font aussi un moyen de choix sur des secteurs où le dérangement général de la faune est proscrit
En revanche, on ne peut, par l’arc, réaliser de gros tableaux dans un temps très court ; c’est donc, si cet objectif est recherché, une chasse de complément.
De par sa spécificité technique, la chasse à l’arc peut donc revêtir un aspect utilitaire.

COMMENT CHASSER A L’ARC

Pour le grand gibier :

- l’approche : le plus difficile et certainement le plus intéressant. , il s’agit d’arriver à distance de tir (environ 20 mètres maximum) d’un animal, sans être vu, ni entendu, ni senti : une tenue estompant la silhouette, une marche silencieuse, et le vent de face sont donc indispensables

- l’affût : le plus efficace, il suppose une bonne connaissance des habitudes du gibier, pour se poster en des endroits de passage présumé. Il nécessite les mêmes précautions que l’approche face aux capacités de détection de l’animal, et demande de surcroît une grande patience.
Il peut se pratiquer au sol, ou dans les arbres, au moyen de petites plates-formes appelées tree-stand.

- la poussée silencieuse ou drüken : façon efficace de chasser à plusieurs archers en dérangeant un minimum le gibier.

Voici donc les 3 meilleures méthodes de chasse à l’arc, malgré cela un archer peut avoir des occasions de tirs très correctes en battues traditionnelles, s’il est convenablement posté pour pouvoir tirer un animal qui n’est pas mené, qui se défile, autrement dit qui se déplace très lentement ; les tirs sur des animaux passant à plus de 20 mètres et se déplaçant très vite sont à proscrire.

En ce qui concerne le petit gibier (perdrix, faisan, lapin, lièvre, etc.), la chasse se pratique seul ou en groupe, avec ou sans chien, et l’archer tire en vol comme au sol

TYPES D’ARCS UTILISES POUR LA CHASSE AUJOURD’HUI :

L’arc droit ou long bow : le plus simple, le descendant de l’arc médiéval
L’arc recourbé ou recurve : avec plus de courbures, plus court et aussi plus performant.
L’arc à poulies ou compound : plus de mécanisme, moins fatiguant à l’allonge et très performant.
Le choix est question de goût et d’entraînement suivant les possibilités et les envies de chacun.
Quel qu’il soit, l’arc choisi doit être d’une puissance minimum pour chasser le grand gibier.

Les flèches peuvent être en alliage d’aluminium ou en bois et maintenant en carbone. Elles doivent être munies de pointes adaptées aux gibiers chassés, lorsqu’il s’agit de lames elles doivent être bien affûtées et réglementaires (voir arrêté ministériel).

QUELQUES PRINCIPES FONDAMENTAUX :

- La chasse à l’arc est une chasse difficile
- elle nécessite un entraînement régulier
- le nombre d’animaux tués est infime par rapport au fusil ou à la carabine
L’archer chasseur devra donc pour réussir respecter quelques règles.

Tir à très courtes distances : le plus prés possible : 20 m maximum, ceci dans un souci de précision du tir et d’efficacité de la flèche pour une meilleure pénétration ; et pour éviter que l’animal ne « saute la corde »
Tout les animaux disposent de réflexes suffisants pour réagir au bruit de la décoche.
Tir dans la zone vitale de l’animal (cœur/poumons/foie) : à l’arc, on recherche l’hémorragie interne la plus foudroyante possible, il faut donc placer son tir dans une zone très riche en vaisseaux. Une flèche de colonne sera rédhibitoire mais il s’agira d’un tir trop haut qui n’aura pas été voulu.
A l’arc seul le tir cœur/poumon/foie est acceptable, toutes les autres régions anatomiques sont des fautes si leur atteinte est intentionnelle.
Il faut donc bien connaître l’anatomie de l’animal chassé pour savoir placer sa flèche au bon endroit.
Respect de certains angles de tir : ceci pour éviter que la flèche ne soit déviée par un os ou pour éviter à l’archer d’être vu par l’animal au moment où il arme son arc.
Ne pas tirer un animal qui se déplace trop vite : même si à l’arc, il est possible de tirer sur des cibles en mouvement, le chasseur préférera assurer son tir en connaissant ses possibilités : il voudra le plus possible éviter de blesser un animal.
Ne pas tirer un animal sur l’œil : un gibier inquiet, qui est sur le qui-vive est capable de réactions très rapides et d’éviter la flèche (surtout le chevreuil) : la vitesse d’une flèche étant très lente par rapport à une balle de carabine. Pour indication une flèche se déplace entre 50 et70 m/s pour les plus rapides, alors qu’une balle de carabine va entre 750 m/s et 950 voire1000m/s.
Nous devons donc tirer sur un gibier calme, pas alerté et qui ne regarde pas dans notre direction.
Par conséquent, la flèche tuant par hémorragie, l’animal atteint mortellement ne tombera pas de suite, il peut réagir au tir, et parcourir entre 30 et 100m. Si le tir n’est pas bon (flèche de panse, la pire pour un archer) il peut parcourir une longue distance et demander l’intervention d’un meneur de chien de sang pour le rechercher.
Tout chasseur à l’arc doit envisager cette éventualité car il aura à cœur de retrouver l’animal qu’il aura tant convoité, et il voudra par respect pour ce gibier qui lui a donné tant d’émotion, faire tout ce qui est en son pouvoir pour abréger ses souffrances le plus rapidement possible.

Malgré toutes ces contraintes que l’archer respectera pour mieux réussir dans sa quête du gibier, la chasse à l’arc est et restera une chasse plaisir, une chasse d’émotions, mais aussi une école d’humilité car il mesurera la grandeur et la complexité de la nature et la difficulté de s’approprié un animal à l’aide d’un arc et d’une flèche.

PREVOIR LA RECHERCHE

Comme je l’ai dis plus haut tout chasseur à l’arc doit prévoir, ceci fait partie de son étique, qu’il peut blesser mortellement un grand gibier et qu’il doit tout faire pour le retrouver.
Dans cette éventualité il doit prévenir le plus rapidement possible, surtout pour le chevreuil, et sans fausser la piste, un conducteur de chien de sang agrée par l’UNUCR qui se déplacera dés qu’il le pourra pour essayer de retrouver l’animal.

Tout chasseur doit avoir sur lui ou à portée de main les coordonnées d’un de ces bénévoles dévoués et dont la tache n’est pas toujours facile.

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